Chaque pierre du Domaine du Grand Malherbes porte la trace d’une époque, d’une main, d’une intention. 

Au cœur de la Petite Camargue, entre Nîmes et Montpellier, cette demeure de la Camargue gardoise a traversé les siècles en accumulant les vies : trésoriers du roi, vignerons, famille liée à Victor Hugo, agriculteurs, et depuis 1999, Vincent et Dominique Michel — qui lui restituent patiemment son éclat, espace par espace, pierre par pierre.

Voici l’histoire de cette métamorphose...

Cinq siècles en quelques dates

1520 — Les premières pierres sont posées. La demeure abrite alors les trésoriers du roi. Les salons voûtés que l’on traverse encore aujourd’hui datent de cette époque.

XIXe siècle — Le domaine passe entre les mains de la famille Ménard Dorian, dont la fille Aline épouse Georges Hugo, petit-fils de Victor Hugo. Marguerite Hugo y plante les tilleuls de la cour, aménage un potager irrigué par la noria et accueille le Baron Folco de Baroncelli, figure légendaire de la Camargue, qui fait graver dans la pierre de la cheminée une inscription en provençal restée intacte à ce jour.

Fin XIXe siècle — Le domaine s’oriente vers la viticulture. Des chais sont construits ; l’activité viticole façonne durablement les bâtiments et le paysage.

Années 1980 — Quatre agriculteurs associés reconvertissent la vigne en culture de l’asperge. Plus de cent ouvriers élisent domicile au domaine. Les bâtiments sont adaptés à l’exploitation — stockage, calibrage, logements ouvriers. La pièce qui deviendra la salle Cocteau sert alors d’atelier de réparation de tracteurs, sol en terre battue.

Années 1990 — La fusariose ravage les cultures. L’activité s’arrête. Le domaine entre dans une période d’abandon. L’un des associés entreprend de transformer l’ancien chai en salle de réception — les premières réceptions s’y tiennent dès 1998.

1999 — Vincent et Dominique Michel reprennent le flambeau. Vingt-cinq ans de travaux de rénovation commencent.

La métamorphose des espaces

Chaque espace, une renaissance

Vincent a travaillé pendant plus de vingt ans avec un maçon, et dix ans avec un tailleur de pierre. Ensemble — et de ses propres mains — ils ont repensé, reconstruit et créé chacun des espaces du domaine. L’ambition qui guide chaque chantier : que le neuf respire l’ancien, que rien ne paraïsse ajouté mais que tout semble avoir toujours été là.

La cour intérieure

C’est le cœur de la demeure. Les tilleuls qui l’ombragent furent plantés par Marguerite Hugo — six à l’origine. Vincent en a retiré quatre pour dégager la façade et révéler l’architecture du XVIe siècle. La terrasse a été agrandie, la fontaine repensée, tous les encadrements de portes et fenêtres réhabilités en pierre, toutes les façades restaurées à la chaux. Chaque détail contribue à restituer la noblesse d’origine de cet espace.

Les salons voûtés et la salle Cocteau

Les salons voûtés comptent parmi les pièces les plus anciennes du domaine — héritières directes de la demeure du XVIe siècle

La salle Cocteau, elle, était méconnaissable : un atelier de réparation de tracteurs au sol en terre battue. Sa transformation a nécessité une reprise complète — plafond, toiture, électricité, climatisation, mise en conformité ERP — et la création d’ouvertures pour la connecter à la salle Grand Malherbes.

Cette dernière, issue de l’ancien chai, peut accueillir des véhicules grâce à un ouvrant de 2,30 mètres — une particularité pensée dès l’origine pour les présentations automobiles et les événements d’entreprise. La rénovation progressive de l’ensemble a permis de créer des circulations fluides entre tous les salons, offrant une modularité que peu de lieux de réception en Camargue gardoise peuvent proposer.

 

L'espace piscine : du dépotoir à l'écrin

C’est peut-être la transformation la plus spectaculaire. L’espace où s’étend aujourd’hui la piscine de 18 mètres sur 6 était un dépotoir où s’accumulaient ferraille, structures des anciens potagers et poulaillers des ouvriers agricoles. Vincent a imaginé cet espace dans le prolongement naturel de la cour intérieure.

Six mois de tracto-pelle pour creuser et façonner le terrain. L’intégralité du sol a été décaissée pour retirer les galets et les remplacer par de la terre végétale. Puis sont venus trois ans de travaux : construction de la piscine et de la fontaine, édification de l’orangeraie en pierre de Beaulieu, pose de plus de 1 000 m² de pierre de Bourgogne sur la plage. Les margelles ont été façonnées à partir d’appuis de fenêtre récupérés lors de la démolition du couvent des Petites Sœurs des Pauvres à Montpellier.

Seul élément originel de cet espace : la noria, qui servait autrefois à irriguer le potager de Marguerite Hugo

Autour d’elle, un jardin méditerranéen a été créé : palmiers Phoenix, Butia et Washingtonia, Cycas, oliviers de plus de 400 ans et massifs de persistants. Tout a été créé, mais en donnant l’impression que tout existait depuis toujours.

Les Suites face à la piscine

Ce bâtiment servait au stockage et calibrage des asperges. Sa transformation a été totale : rehaussement du sol de 50 centimètres pour respecter les normes du PPRI, rehaussement du toit en conséquence, charpentes refaites avec des poutres anciennes récupérées sur la démolition d’un ancien chai, sol en pierre du Larzac. Toutes les ouvertures ont été refaites en pierre. D’un hangar agricole, Vincent a créé des suites spacieuses de 50 à 70 m² avec vue directe sur la piscine et la cour intérieure.

 

Un patrimoine vivant

Le parc du Domaine du Grand Malherbes a été planté au XIXe siècle par la famille Ménard Dorian. Des spécimens remarquables témoignent encore de cette époque : des noyers d’Amérique, deux lagerstroemia de plus de 200 ans et un cyprès de Provence bicentenaire. 

Il y a une douzaine d’années, Vincent a planté plus de 170 oliviers pour produire l’huile d’olive du domaine — chaque arbre sélectionné personnellement pour sa forme et ce qu’il apporte au paysage.

Rien n'est acheté neuf quand l'ancien raconte mieux

Un fil rouge traverse vingt-cinq ans de travaux : la passion de Vincent pour les matériaux anciens récupérés. Ventes aux enchères, démolitions, chantiers à travers la France — chaque élément est chiné, sélectionné, puis intégré au domaine comme s’il y avait toujours figuré.

Le domaine ne possédait plus d’entrée ni de portail. Vincent parcourt les ventes aux enchères jusqu’à Paris, où il découvre six piliers monumentaux de style Napoléon III, assortis d’un portail et de grilles de la fin du XIXe siècle, issus d’un tribunal récemment démoli. Trois mois de fondations et de pose. L’entrée restitue au domaine une prestance à la hauteur de ses origines.

Cette même logique se retrouve partout : l’éolienne de 18 mètres récupérée par le père de Vincent, le vieux puits issu d’une démolition, le kiosque construit pour le mariage du frère de Vincent. Les préaux, les fontaines, le banc en pierre — tous ont été conçus, dessinés et bâtis sur place

Dans chaque espace, un ou plusieurs éléments sont là pour attirer le regard et raconter une histoire. C’est cette cohérence architecturale, construite sur vingt-cinq ans de patience et de trouvailles, qui donne au Domaine du Grand Malherbes son caractère unique parmi les lieux de réception et d’hébergement entre Hérault et Gard.

Venez voir par vous-même

Ces histoires se racontent mieux sur place. Que vous prépariez un mariage, un séminaire d’entreprise ou que vous cherchiez simplement un lieu hors du commun entre Montpellier et Nîmes, Vincent et Do se feront un plaisir de vous faire découvrir le domaine — et de partager avec vous les anecdotes que chaque pierre a à raconter.